Archives de Catégorie: Editos

De toute ta pensée

Le Parcours biblique a entamé en octobre son cheminement sur le thème de l’amour, avec au fil des rencontres, des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament. S’il est un passage de la Bible important et bien connu à ce sujet, c’est celui où Jésus, répondant à la question de savoir quel est le plus grand commandement, déclare : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée » (Matthieu 22,37).

Jésus a reçu ce commandement qui est au cœur de la confession de foi du peuple d’Israël (Deutéronome 6,4-5). Cet amour n’est pas de l’ordre du sentiment qui ne se commande pas. Il exprime la fidélité, l’attachement, la loyauté, l’écoute, le respect, sur le modèle des traités d’alliance et de vassalité du Proche Orient ancien. Dieu est le Dieu unique, l’unique à aimer, face à tous ceux qui se prétendent souverains sur la terre ou au ciel.

Cependant, Jésus modifie légèrement le commandement en y introduisant explicitement la dimension de la pensée : intelligence, raison, entendement, compréhension, réflexion, discernement… toutes choses qui en chacun sont dons de Dieu et qui participent à ce que la foi soit tissée dans l’intégralité, l’intégrité de l’être humain. La pensée est pleinement partie intégrante du croire afin que nous devenions des témoins crédibles, interprètes du texte et de nos existences.

Ainsi, aimer requiert la pensée, et la liberté et la responsabilité qui vont de pair avec la pensée. Et pour aider à penser, à comprendre et à discerner, Jésus ajoute le second commandement qui est semblable au premier : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Aimer Dieu, c’est s’engager pour l’autre, vouloir que l’autre vive, le considérer comme plus important que soi, l’aider à se relever, mettre en valeur sa bonne part.

Ce double commandement n’est pas un commandement auquel se soumettre, c’est un commandement qui fait entrer dans une promesse. Il n’use pas de l’impératif mais dessine un avenir. Il n’exige pas la perfection mais il prend en charge les limites, les manques et les faiblesses de chacun qui ne constituent ainsi plus des impasses. Fondées sur celles de Jésus, la liberté et la responsabilité de chacun sont « activées » et mises au service du règne de Dieu. Aimer Dieu comme aimer son prochain, c’est participer à la construction d’un monde meilleur.

Provoquées par les textes bibliques, la pensée de l’amour comme la pensée de la foi se cultivent de toute manière mieux en compagnie d’autres ! Et ce n’est pas le moindre des dons de la grâce de nous emmener de rencontre en rencontre, de partage en partage, de question en question, de réflexion en réflexion sur ce chemin d’humanité.

Pasteure Dominique Hernandez

Tout plein d’enfants…

Quelle belle surprise lors du culte de rentrée d’accueillir autant d’enfants au KT de la paroisse ! C’est une bénédiction pour nous tous et une source de reconnaissance et de louange pour chaque dimanche où ils seront réunis.

Ceux qui sont déjà connus, ceux qui viennent d’arriver, ceux dont on a connu les frères et sœurs plus âgés, ceux qui sont timides, ceux qui posent beaucoup de questions, ceux qui se taisent souvent, ceux qui dessinent très bien, ceux qui chantent avec une toute petite voix, ceux qui aiment le silence avant la prière… tant de visages et de prénoms à retrouver et à découvrir !

Merci aux parents et aux grands-parents de les accompagner, de participer aux événements communs, de partager leurs propres cheminements spirituels, malgré les semaines bien remplies, les agendas multiples et les sollicitations nombreuses.

Avec le KT, il est beaucoup question d’ouvertures :

  • ouvrir la Bible, ouvrir les yeux, ouvrir son cœur et son intelligence, ouvrir des questions, ouvrir des chemins de réflexion et de vie.

Et donc, il est aussi question de découvertes :

  • quel est le Dieu de Jésus-Christ, quel appel il nous adresse, quels dons il nous offre, quelles diversités et sensibilités colorent le groupe, comment discuter avec d’autres, comment le respect et la reconnaissance de ce qui est bon en autrui permettent de vivre ensemble, etc.

Les catéchètes qui ont préparé l’année ont à cœur de faire résonner des mots comme amour, confiance, fidélité, amitié, bonheur… des mots qui font vivre, des mots de vie et d’humanité.

Merci à eux pour leur engagement, leur service, leur fiabilité, leur joie.

Catéchètes, parents et grands-parents, et aussi toute la communauté : c’est avec leur accueil, leur soutien, leur attention, leur considération, leurs témoignages que le KT prend toute sa dimension de résonance de l’Évangile et que les enfants pourront croire qu’ils ont chacun une place parmi tous.

Une belle année nous attend avec le KT !

Pasteure Dominique Hernandez

Appel

C’est la rentrée, et à nouveau, mon Dieu, tu m’appelles

À lire le monde comme les Écritures

À écrire avec ma vie une suite à l’Apocalypse

À dessiner la justice sur tous les murs

À compter sur toi et avec les autres

 

Tu m’appelles à relever la tête pour mieux t’écouter et voir un peu plus loin

À tendre les mains vers toi et vers mes prochains

À marcher au rythme des petits et des faibles

À chanter dans le vent et sous la pluie

 

C’est la rentrée, et à nouveau, mon Dieu, tu m’appelles

À partager l’abondance et les manques

À savourer les dons quotidiens qui me sont faits par toi et par d’autres

À creuser la faim et la soif d’être vivant sur la terre

À semer la confiance malgré les épreuves

 

Tu m’appelles à la douceur de ne marcher sur les pieds de personne

À la patience de laisser à chacun le temps d’être

À l’humilité de n’avoir pas toujours raison

À la compassion sans condition

 

C’est la rentrée, et à nouveau, mon Dieu, tu m’appelles

Je veux répondre : présent(e) !

Dominique Hernandez

Vacance(s)

Juillet et août représentent pour beaucoup le temps des vacances : ne plus être contraint par le travail ou les études, adopter un autre rythme, poser les soucis et le stress si possible, se dépayser en découvrant ou retrouvant d’autres lieux… Repos et/ou activités différentes dans une perception nouvelle du temps devenu disponible même s’il passe quand même bien vite !

Dans « les vacances » résonne « la vacance » qui signifie le vide, le vide des obligations et des efforts qui remplissent le reste de l’année. Certains veulent remplir ce vide d’un plein d’activités, d’autres souhaitent s’y immerger, et d’autres encore aspirent à un équilibre entre vide et plein. Chacun cherche une manière de se détendre des crispations de l‘année, d’étirer et d’assouplir corps et esprit.

Quelle que soit la manière choisie, la vacance inséparable des vacances représente une opportunité pour que ce qui nous habite en profondeur, ainsi dégagé d’une partie de ce qui le recouvre habituellement, puisse remonter vers la surface des pensées, des émotions, de l’âme. Il n’y a pas rien dans ce vide et la disponibilité à s’y pencher, à y prêter attention, à écouter ou regarder ou sentir ce qui y monte est une disposition toute spirituelle. Car il y est question de reconnaissance. Reconnaissance de soi dans un « mieux se connaître » hors complaisance qui, avec un brin de foi, s’accroche à la reconnaissance de Dieu et envers Dieu. Re-co-naissance : naissance à nouveau et avec, avec Celui qui dit de lui-même :  Je suis « avec toi ».

La vacance dans les vacances : une belle occasion, même si ce n’est pas la seule dans une année, de ranimer depuis la profondeur de l’être notre présence à nous-mêmes, à Dieu et à autrui.

Bonne(s) vacance(s) !

Pasteure Dominique Hernandez

© Photo : Mabel Amber (Pixabay),  CC0 Public Domain

Les yeux au ciel… et sur la terre

balloon-1693527_640Ce n’est pas si fréquent un mois de mai sans fête de Pentecôte ! Mais cela permet de s’arrêter un peu sur la fête de l’Ascension. S’arrêter non pour profiter du pont du même nom, mais pour vivifier à nouveau le sens de cette fête.
Le livre des Actes met en scène des directions de regards : les disciples regardent le ciel alors que Jésus a disparu à leurs yeux. Mais ce n’est pas parce qu’on ne peut ni voir ni toucher le Christ vivant qu’il n’est pas présent sur terre, autrement.

« Monté au ciel », il n’en reste pas moins l’énergie de la vie de Dieu donnée aux humains. Alors deux hommes en habits blancs (pour ne pas dire anges : messagers de Dieu) les interpellent : Pourquoi scrutez-vous le ciel ? (Actes 1,6-12)

Il y a de quoi lever les yeux au ciel dans les temps que nous vivons.
Lever les yeux au ciel, pour signifier que ces temps sont rudes, ou décevants, ou menaçants. Lever les yeux au ciel devant les menaces, les manifestations et les violences armées, devant les paroles d’affrontement, de dénigrement et les fausses nouvelles, devant urgences humaines, écologiques et sociales niées ou ignorées. Lever les yeux au ciel pour demander au ciel, à Dieu, d’intervenir enfin dans les affaires terrestres, pour manifester son impuissance et son incompréhension, pour dominer encore un peu la peur ou la colère.

On peut lever les yeux au ciel en signe de prière ou en signe d’exaspération, juste avant de jeter l’éponge, comme une démission. Mais justement, la conséquence de la prière, ce n’est jamais de démissionner de notre tâche d’humains et de croyants. Même si nous disons dans la prière que c’est dur, que nous avons peur, que nous ne savons pas sortir des ornières du chemin, la prière ne dispense pas de rester présents, veillant, agissant. Au contraire, dans la prière, l’Esprit nous retourne, Dieu nous réoriente vers la terre. Il est aussi urgent et important de lever les yeux au ciel pour prier que de les ouvrir ensuite sur ce qui se passe sur terre, sur les humains de la terre. Quelle que soit la situation sur terre, il revient aux disciples du Christ de ne pas s’en évader mais de la regarder pour s’y mêler, pour s’en passionner, pour y veiller sur les germes de l’humanité nouvelle semée à Pâques, pour y être témoins de foi, d’espérance et d’amour.

Pasteure Dominique Hernandez