« Que cherchez-vous ? »
Les deux disciples entendirent Jean proclamer : « Voici l’Agneau de Dieu ». Ils suivirent Jésus. Jésus se retourna et, voyant qu’ils le suivaient, leur dit : « Que cherchez-vous ? ».
Au début de cette nouvelle année, l’actualité ne nous donne que peu de répit. Dans ce contexte tendu et angoissant, les vœux de « bonne année » peuvent sonner creux, comme s’ils tentaient de masquer une réalité trop lourde. Pourtant, l’Évangile de ce mois de janvier nous rejoint avec une question simple : « Que cherchez-vous ? ».
C’est la première parole de Jésus dans l’Évangile selon Jean. Elle ne promet pas un avenir facile, elle n’efface pas les difficultés du monde, mais elle invite à une lucidité profonde. Jésus ne demande pas : « De quoi avez-vous peur ? » ou « Qu’attendez-vous de moi ? ». Il interroge le désir, ce qui nous met réellement en mouvement. En ce début d’année, cette question nous concerne tous : que cherchons-nous, au cœur de cette actualité troublée ?
Les deux disciples quittent Jean-Baptiste, sans savoir encore où les mènera ce nouveau chemin. Ils sentent simplement qu’il y a là une parole de vie à écouter. Leur démarche ressemble à la nôtre : nous avançons souvent sans certitudes, parfois même avec une forme de découragement face à l’état du monde et de l’Église.
La réponse de Jésus est étonnante : « Venez et vous verrez. » Il ne propose ni solution immédiate, ni discours rassurant. Il invite à la rencontre, à l’expérience, au temps partagé. L’espérance ne repose pas sur un optimisme naïf ni sur le déni des crises actuelles. Elle regarde la réalité en face.
L’Évangile précise ensuite : « Ils restèrent auprès de lui ce jour-là ». Dans un monde saturé d’informations, d’images anxiogènes et de réactions immédiates, prendre le temps est presque une forme de spiritualité en soi. C’est dans cette proximité silencieuse que se forge une espérance lucide, capable de traverser les épreuves sans (trop) fléchir.
Pour notre communauté, ce texte pourrait être une sorte d’invitation. Nous ne sommes pas appelés à être des commentateurs désabusés de l’actualité, ni des croyants repliés sur eux-mêmes, mais plutôt des témoins d’une espérance enracinée, attentive aux souffrances du monde.
En ce début d’année, l’Évangile nous appelle à demeurer auprès du Christ à travers la vie concrète de notre paroisse. Les temps spirituels nourrissent une espérance lucide. Les actions d’entraide et de solidarité manifestent une foi attentive aux fragilités humaines. Enfin, le rayonnement culturel de notre communauté ouvre des chemins de rencontre, de dialogue et de beauté. Ainsi, avec simplicité et confiance, nous voulons être un lieu où chacun peut venir, voir et demeurer.
Didier Petit (pasteur)
____