Le Notre Père : faire le point et anticiper

Les disciples voient Jésus prier et, touchés par sa manière de se tenir devant Dieu, lui demandent : « Seigneur, apprends-nous à prier ». Cette question nous touche profondément, car elle nous ressemble. Nous aussi, nous avons du mal à prier. Que dire à Dieu ? Comment le dire ? Et à quoi bon, parfois ?

Dans la Bible, la prière prend des formes multiples. Des figures comme Abraham, Moïse, David ou les prophètes prient avec des mots puissants, des cris, des supplications ou des silences. Les Psaumes regorgent de prières intimes, tour à tour joyeuses, angoissées ou pleines d’espérance. Dans le Nouveau Testament, la prière semble moins présente. Jésus enseigne davantage par paraboles ou par des actes concrets. Et pourtant, ici, il s’arrête pour nous offrir une prière, brève, mais essentielle : le Notre Père.

Que dire du contenu de ce Notre Père ?

  • Que ton nom soit sanctifié : que toute notre existence se déroule sous ton regard, que tu sois à la fois la source et l’objectif de notre quête.
  • Donne-nous aujourd’hui notre pain : merci pour tout ce qui nourrit notre existence, pas seulement notre corps et notre âme, mais aussi notre esprit.
  • La réciprocité du pardon : toute société humaine ne peut tenir qu’en installant une paix juste, en combattant les déséquilibres.
  • Quant à la dernière demande qui concerne l’épreuve ou la tentation : c’est principalement le risque de manquer d’espérance, car lorsque nous en manquons, il n’y a plus d’amis (qu’on peut éventuellement déranger au milieu de la nuit), il ne reste que des adversaires, des concurrents ou des intrus.

En définitive, la prière n’est pas une technique, ni un devoir, ni un rite obsessionnel dont nous aurions perdu le sens. Elle est plutôt le lieu où nous pouvons déposer ce que nous portons, mais aussi recevoir ce dont nous avons besoin pour avancer. C’est une manière de nous recentrer, de faire le point à la fois sur nous-mêmes et sur ce qui – en dehors de nous – est source de vie.

Enfin, la prière est une anticipation, elle nous pousse à nous fréquenter pour apporter du nouveau : tendre l’oreille et regarder, ouvrir de nouvelles possibilités et agir !

Didier Petit (pasteur)

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© Photo à la une de Ben White sur Unsplash

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