Noël comme avenir

Les contes et légendes que nous aimons souvent lire et relire à nos enfants sont des parcours initiatiques, des histoires d’amour et de courage, d’audace et de ténacité, il y a des vices à fuir et des vertus à pratiquer, etc. Esaïe semble suivre un peu le même chemin en nous écrivant cette belle invitation à l’espoir d’une humanité débarrassée de ses tares, de ses appétits incontrôlables, de ses excès, de son inconscience…

Les aveugles ne retrouvent pas la vue comme ça, d’un claquement de doigts, les boiteux ne se mettent pas à faire des bonds sans une longue convalescence, les animaux sauvages ne partiront pas sans un bon coup de fusil, c’est entendu ! Quant à la promesse du verset 8 de ne plus être importunés par des imbéciles, c’est encore une autre histoire !

Où se trouve le moyen d’accomplir ce programme ? Où l’avons-nous caché ? Dans notre intelligence partagée, accumulée ? Dans notre volonté ? La réalité broussailleuse, pleine de ronces du quotidien nous donne l’impression que, si ces choses sont bien en notre possession, nous les avons rangées dans un placard dont nous avons perdu la clef.

Ésaïe, pourtant, doit avoir le dernier mot. Un monde qui se transforme quand il saisit les chances qui lui sont données, c’est possible. Attendre Noël ensemble, c’est saisir cette promesse d’un possible encore à venir et qui dépend assez largement de nous. Pour nous, cette espérance viendra la nuit de Noël, comme pour mieux nous dire : « Une joie perpétuelle couronnera leur tête ; la gaité et la joie viendront à leur rencontre, le chagrin et les gémissements s’enfuiront ! »

L’actualité des dernières semaines nous pousse à nous demander s’il est bien raisonnable de fêter « encore » Noël, car les sujets d’inquiétude ne manquent pas. Mais Noël n’est pas un état stable, une sorte d’acquis ou bien une ambition ancienne avec laquelle il faudrait renouer de temps en temps… Noël, c’est le présent d’un monde qui a bien besoin d’espérance et l’avenir que Dieu lui souhaite, encore et encore.

Cette espérance qui ne nous enferme pas dans un passé magnifique, mais qui nous engage à trouver un avenir meilleur, nous allons la dire à notre manière, à plusieurs voix, par la parole et le chant. Nous dirons aussi notre besoin de joie, de paix et d’espérance, ces choses vitales dont beaucoup d’hommes et de femmes manquent.

Didier Petit (pasteur)

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© Image à la une : elac

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