Une nouvelle année pour habiter autrement le temps qui nous est donné

Lorsqu’on fait le bilan d’une année écoulée, on compare le « réalisé » avec les projets qu’on avait formés quelques mois plus tôt : volonté bien légitime de mesurer le chemin parcouru…

Mais on fait aussi des projets d’avenir qui sont la plupart du temps la simple reconduction – en un peu mieux – d’un déjà-fait bien maîtrisé. Pas de bifurcation brutale, pas de virage en épingle.

L’année 2020 que nous achevons semble être un de ces moments complexes qui nous pousse à anticiper ce qui vient, car nous avons l’impression que les années qui s’annoncent ne seront peut-être pas le simple renouvellement des choses anciennes.

Pourtant, n’est-il pas présomptueux de songer à un changement radical, quel qu’il soit, dans la mesure où nous avons déjà été abreuvés de promesses de transformations, de cataclysmes, de bouleversements, etc. ? Même si des changements importants s’annoncent, le monde est toujours là, non ?

Si nous devons envisager un « avant » et un « après », c’est au sujet de notre rapport au temps ; non pas par une conception abstraite de ce qu’est le temps, mais par une manière bien concrète de l’habiter.

Avec les périodes de confinements, nous nous sommes retrouvés face à un temps qui ne passe pas, un temps qui ne nous emporte plus tellement il est lent. Nous avons certainement « goûté » l’arrêt bienfaisant de la course fébrile des journées ordinaires, mais nous sommes tout à fait déroutés face à une quasi-inaction à laquelle nos montres et nos agendas ne nous avaient pas préparés… Soulagés de devoir moins courir, nous vivons pourtant l’arrêt comme un creux, un effondrement.

C’est que nous avons tellement à faire, pour nous-mêmes, nos proches et ceux que le Nouveau Testament appelle nos prochains… Notre désarroi ne changera pas les besoins qui se font sentir et qui seront sans doute plus nombreux dans les temps qui viennent. Mais une nouvelle manière d’être attentifs nous rendra plus présents et plus solidaires. Ainsi, nous tâcherons autant que possible de trouver l’équilibre entre souci de soi et construction de passerelles.

Soyons prêts pour l’année 2021, quel qu’en soit le visage !

Didier Petit

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