Confinement et réflexion

Nous avons été confronté∙e∙s à une période qui restera dans l’histoire. Après la sidération, l’appréhension devant tant de décisions radicales qui se succèdent (la nation semblait s’être arrêtée entre le samedi 14/03 minuit et le mardi 17/03 à 12 h), nous avons tous été interpelés. Que sera demain ? Les scientifiques sont prêts à ressentir le doute, inévitable en recherche, mais le quidam s’est habitué à leurs réussites (découvertes de médicaments, transplantations d’organes vitaux, conquête de l’espace) et là, de jour en jour, le nombre de contaminés a augmenté comme le nombre de décès. Encore aujourd’hui, ils ne savent pas nous dire ce qu’il va en advenir. Oui, la Vie est souvent jalonnée d’incertitudes, mais les médias ont créé de plus une atmosphère de dramatisation.

Alors, incroyable, c’est une éclosion de réflexions bibliques sur les ondes, de prédications retransmises de temples où seul∙e le ou la pasteur∙e est présent∙e, quelquefois accompagné∙e pour les cantiques. Dans beaucoup de paroisses, on s’essaie à des cultes en vidéo, présidés par un∙e ministre de l’EPU, et dont la liturgie est construite par des paroissiens. Des chaînes de solidarité entre voisins, entre paroissiens, entre AGAPÉ et des femmes bien démunies se créent. Que d’occasions de retrouver le bon de l’être humain, même si la peur engendrait aussi des comportements de rejet inacceptables.

Le confinement a surchargé certaines personnes, mais a aussi permis une réflexion personnelle. Quel est mon rôle dans tout ce chaos vis-à-vis des malades ? À part les gestes barrière, je n’ai qu’à admirer le don total du corps hospitalier, je ne peux rien faire ? Si : je peux prier.

La prière exprime la volonté de sortir d’un silence qui ressemble à la mort : celui qui prie continue, envers et contre tout, à parler et à écouter, à répondre. Seule la certitude d’être auprès de notre Dieu, qui veut nous garder en paix, nous porte ; la prière reste le moyen d’être en communion avec ceux qui sont loin et qui utilisent ce langage. Antoine Nouïs raconte : la prière est comme une corde amarrée à un rocher, si on s’y cramponne, en étant installé sur une barque, ce n’est pas le rocher qui vient à nous, mais la barque qui se rapproche du rocher ; la prière permet de nous rapprocher de Dieu.

Agnès Favre

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