Le scribe de notre texte est un bon connaisseur des textes juridiques et religieux et son devoir est et d’éclairer sur le sens de leur la vie. L’époque des visions péremptoires, indiscutables, est révolu : désormais, avec un Dieu « inscripturé », il faut dire « je », y mettre du sien et risquer l’interprétation d’une parole simple et claire, certes, mais riche d’applications sans nombre, parfois contradictoires.
Le terrain d’entente entre Jésus et le scribe est au fond assez peu « religieux », mais surtout éthique. Ce n’est pas dans le domaine des pratiques religieuses pures, ni dans les affirmations dogmatiques, quelles qu’elles soient, que se trouve l’essentiel. C’est plutôt dans les choix parfois difficiles du quotidien que cet essentiel doit être mobilisé autant que possible. La « vraie religion », c’est cet amour fraternel démontré.
Pour nous qui sommes, comme ce scribe passionné d’essentiel, les déchiffreurs tenaces d’un Dieu qui s’est laissé coucher sur le papier, la bonne manière d’être visionnaires, est sans doute d’entretenir avec le monde cette conversation où chaque interlocuteur est un prochain, colocataire à part égale d’un Royaume encore en chantier.
Notre synode régional, du 15 au 17 novembre dernier, a examiné les résultats de l’enquête L’Église et nous menée dans les paroisses de la région parisienne. Il y a quelques enseignements importants sur les membres actuels de nos Églises, sur les « réguliers », les « occasionnels » et les « éloignés ».
Mais il y a aussi une nouvelle catégorie émergente, celle des « spirituels ». Des personnes intéressées par la spiritualité, sans arrière-plan protestant mais animées d’une recherche sincère, se trouvent dans la proximité de nos Églises. C’est vis-à-vis d’eux qu’il faudra nous demander, comme nous y invite notre scribe, où se trouve l’essentiel pour eux, et comment leur essentiel pourra rejoindre le nôtre.
Saurons-nous ouvrir nos portes à d’autres formes de la vie de l’esprit, pour que nos Églises soient le laboratoire serein d’une foi toujours en recherche ? C’est la question que nous pose ce sondage récent et le texte de Marc nous donne quelques éléments pour y répondre.
Didier Petit (pasteur)
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